Dans le siècle / In stu mondu

 

 

 

 


Nant’à u chjassu di a Pace. Les marcheurs de la Paix

Projet Anne Frank

Le carêmFondation Anne Franke est une période propice au recueillement, un temps de conversion par la prière, le jeûne et la charité. Nous, confrères, avons en ce temps de 2012, mis en place, un cycle de rencontres dont le titre « Mette a pace », tout un programme, signifiait pour nous qu’il fallait se mettre sur le chemin pour construire, si ce n’est la paix … des moments de paix.

 

Utopie ! Utopie ! ... me diriez-vous. Mais l’Utopia n’est-elle pas cette société où l’on est bien (Eu topia en grec), et, au regard du contexte (la Corse connaît une période très agitée où s’égrainent les meurtres à une cadence infernale, l’inscrivant dans le peloton de tête des régions criminogènes d’Europe), n’était-elle pas venue l’heure de se mettre en route ? Je vous entends encore, m’expliquer que la Corse est terre de violence … une violence inscrite dans nos gènes. « Corsica non avrai mai bene », la malédiction d’Arrigo il Bel messere aurait-elle encore frappée ?


Non, notre Foi nous demandait d’agir contre ce fatalisme ambiant. Le chemin de la paix était pavé de rencontres … de femmes et d’hommes ouvrant leurs cœurs pétris d’angoisses, d’amour, … d’Espoir.  Ces moments forts, libérant la parole, nous portaient alors au plus profond de nos êtres, confortant notre Foi, car plus que d’espoir, le Chrétien est plein d’Espérance ; cette espérance qui porte chaque homme et chaque société à s’interroger sur eux-mêmes et à découvrir cette tension entre réalité et promesse, qui fait naître un dynamisme qui résiste aux échecs.


L’évêque est venu rencontrer ces marcheurs de la Paix … Une rencontre avec des Chrétiens qui vivent leur foi dans un engagement confraternel. Nous avons échangé … n’attendant ni évêque martyr, ni croisé, mais seulement une parole de Foi sur le chemin caillouteux qui mène à la Paix. Construisons un christianisme social ! Voilà le nouveau Credo épiscopal … Nous n’en attendions pas moins, puisque notre démarche est fondée sur un humanisme chrétien.


Notre cheminement nous a alors conduits à Amsterdam, dans la maison d’Anne Frank. Pas à pas nous avons parcouru ce chemin, tant de fois emprunté par la famille Frank et leurs amis. Mettant nos pas dans les leurs, nous nous sommes hissés dans leur cachette. Là, une petite lucarne nous permettait de découvrir un morceau de ciel … Enfin la lumière ! Pour eux, une lumière d’Espérance dans un monde des ténèbres ? Anne y passait de longs moments à écrire et à y contempler « son arbre ». Notre chemin était alors « intérieur », puisque comme cet arbre bien enraciné qui s’étire vers le ciel, nous sommes en recherche de Lumière.

 

Requiem æternam dona eis, Domine,

et lux perpetua luceat eis.

Seigneur, donnez-leur le repos éternel,

et faites luire pour eux la lumière sans déclin.

 

La visite se termine dans un espace dédié au temps présent. Reprenant à leur compte la formule de Simone Veil, « En ces temps de relativisme moral, la Shoah sert peut-être de boussole », les concepteurs du musée ont bâti un lieu de réflexion, pour construire un monde en … Paix.


A Pace, voilà donc pourquoi nous marchons et nous marcherons !

 


« Il y a dans nos cœurs, dans mon cœur, une Espérance que rien ne pourra détruire …
N’ayez peur de rien ni de personne,
Ayez seulement peur de haïr,
Ayez seulement peur de sentir la haine dans votre cœur ;
mais n’ayez peur de rien d’autre … »

Antonio Fragoso, évêque brésilien en 1969.
 

 

Cunfraterna di a Serra – 24 mai 2013.

 

 

 

 


Démarche interconfraternelle « Mette a Pace »

L'actualité de la démarche :

 

 

 

 

 



 

 



 

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