Le confrère / Esse cunfratellu

 

 


Être confrère : un acte de foi

 

Vultendu à u sensu originale di a cristianità secondu San Francescu d'Assisi, l'andatura di u cunfratellu hè ricerca di santità, da làicu di liberu andà di pettu à u cleru, in una struttura cumunitaria induve chì, aldilà di a so vita spirituale propria, a si pruverà à porghje ogni ghjornu l'amore di Cristu à i so cunfratelli.

 

Da zòcculu à una demucrazia vera, ogni règula, ogni rituale di a Cunfraterna invita à tutti, cù forte valore simbòlicu, à l'ascultera di l'altri, à u silenziu è à l'umilità, è sopratuttu à l'alte virtù vulsute da Diu : a Fede, a Sperenza, è altìssima frà l'altìssime, a Carità.

 

 

A Cunfraterna n’est pas une institution, c’est un Espace librement partagé, qui a néanmoins ses règles. Il se conçoit comme un tiers espace entre les institutions civiles et religieuses, une Utopie dans son sens premier : « Lieu de bonheur. »

 

A Cunfraterna s’inscrit, comme tout le mouvement confraternel dans la promotion de l’Ecclésia au sens générique qui replace le clergé là où il doit être et qui promeut l’idée du Laïcat, c’est à dire l’action du sacerdoce laïc, du baptisé qui n’est pas revêtu de la charge cléricale.


Le premier geste d’un confrère consiste à se tourner vers la Divinité, puisque son entrée dans la confrérie revêt d’abord la signification d’une recherche de la Sainteté. Puis comme un prolongement de cette vie spirituelle, il doit alors remplir ses engagements envers les autres confrères et toute la communauté, comme Saint François d’Assise, en son temps. En ce sens la confrérie est la projection sociale de l’amour de Dieu.


Dans un oratoire au centre, le Christ est physiquement présent dans le tabernacle, les confrères se répartissant dans des stalles de part et d’autre de l’édifice. Le prieur s’installe au fond à droite en entrant, le sous-prieur, face à lui.

 

Sur la stalle du prieur est inscrit : « Obedienza », obéissance à Dieu, à la communauté et aux confrères. Il s’agit là de se mettre au service et d’opérer ainsi un renversement du sens du pouvoir. Sur la stalle du sous–prieur : « Silenziu », silence, car c’est dans le silence des cœurs que la cérémonie est belle. C’est un acte d’introspection, d’humilité, et de préparation à sa future charge priorale. Le Massaru porte le bâton d’autorité, qui de façon symbolique porte le nom de « Pace », il l’est l’argentier et gardien de l’autorité.


A Cunfraterna est donc un espace où la démocratie est tempérée par sa propre organisation. Le rite le rappelle :

  • le Mercredi des Cendres, l’imposition des cendres nous rappelle que la vie doit s’attacher à l’essentiel et non à des vanités, et que nous ne sommes que poussière.
  • le Jeudi Saint (institution de l’eucharistie pour les catholiques), avant l’Office des Ténèbres, le prieur à l’image du Christ, lave les pieds des autres confrères. De façon ostentatoire, lors du lavement des pieds, on s’humilie.
  • le Vendredi Saint, on revêt la cagoule, façon de s’humilier de se rendre petit et égaux dans l’humilité.

 

Mais surtout, au delà du rite, existent des vertus théologales (de la Loi de Dieu) :

  • la Foi, l’Espérance et avant ces deux, la Charité, valeur qui prime dans le monde confraternel.
  • le confrère va s’évertuer à l'exercice permanent de la charité, a carità (qui vient de chère, d’amour).

 

 

 


La mixité dans la vie confraternelle

 

Pari di cundizione umana, pari d'orìgine spirituale è di battèsimu, bella sicura sò pari omu è donna davant'à Diu, chì da a so grazia sguassa ogni diferenza nostra. Ramintendu dinò l'impurtanza di Maria è di tutte e sante donne in a Ghjesgia, perciò esistenu e cunfraterne feminile o mischjate dipoi tanti sèculi.

 

 

E nostre consurelle Letizia Baldi è Maria Adami« Il n'y a ni Juif, ni Grec; il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni masculin ni féminin; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus » (Ga 3. 27-28).

 

L'égalité fondamentale de tous les baptisés se manifeste notamment sous la forme de structures mixtes. Leur présence est attestée chez nous depuis la fin du 17ème siècle.
 

Cette idée d'égale dignité conduit évidemment à une référence constante à Marie, aux saintes femmes présentes dans l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et plus largement l'Histoire de l'Eglise. Ce sont les femmes qui les premières se sont confrontées au petit matin de Pâques à « l'inévidence de la Résurrection ».


Toutes nos dissemblances sont vaincues par notre origine spirituelle commune où les femmes sont avec les hommes, « cohéritières de la grâce de la Vie » (I Pierre, 3). Tout s'inscrit dans la plénitude de notre condition humaine car l'Ecriture ajoute dans la Genèse que : « Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu; il les créa mâle et femelle ».

 

Libro della Compagnia delle donne di Pianello, 1700 Catalogo delle sorelle e fratelli della Compagnia della Madonna di Pianello, 8 settembre 1739 Catalogo delle sorelle e fratelli della Compagnia della Madonna di Pianello, 1789

 

Basile précise et commente : « Eh non! Pour que personne, par ignorance, ne prenne l'expression "homme" pour le seul sexe masculin, l'Ecriture a ajouté: "Homme et femme il les créa" (...) que la femme ne dise pas : "je suis faible". La faiblesse est le fait de la chair; dans l'âme réside la force ».

 

 

 


L'élection du prieur

 

 

Modo di eleggere il prioreRiferenza à Santu Mattìa elettu da tutti l'Apòstuli, vene sceltu u sottu-priore (è u priore) da tutti, senza esse candidatu, in verità datu da u Signore cù l'aiutu di u Spiritu Santu. Tandu si mette à u serviziu di i cunfratelli, cum'è Mattìa, in tutta umilità.

 

 

Tous les ans, le 23 mai, jour de la célébration à Rome du Santissimu Crucifissu, nous élisons le Sous-Prieur de l'année, qui deviendra de fait Prieur l'année d'après. Il est choisi parmi les confrères, par les confrères, sans être candidat.

 

Le Prieur et le Sous-Prieur nous sont donc en vérité donnés, d'où l'invocation du Saint-Esprit durant la cérémonie d'élection avec le Veni Creator Spiritus.

 

La référence directe au choix de Mathias par les Apôtres fournit un modèle de spiritualité et de vie fraternelle d'où sont issus les principes démocratiques qui fondent la vie de nos structures. Mathias est un nom hébreu qui signifie « donné par Dieu », ou « donation du Seigneur », ou « humble », « petit », car il fut donné par le Seigneur quand celui-ci le choisit, le sépara du monde et en fit un des soixante-douze disciples. Il fut donation du Seigneur quand, ayant été choisi par le sort, il mérita d'être du nombre des Apôtres. Il fut petit, car toujours il garda une véritable humilité.

 

Il y a trois sortes d'humilité, dit Saint Ambroise : la première d'affliction, quand quelqu'un est humilié; la seconde de considération, qui vient de la considération de soi; la troisième de dévotion, qui procède de la connaissance du Créateur. Saint Mathias eut la première en souffrant le martyre, la seconde en se méprisant lui-même, la troisième en admirant la majesté de Dieu.

 

 


L'accueil des novices

 

Omu novu in a so vita spirituale è suciale, u nuviziu sùbitu riceve l'àbitu biancu è u cordone, è in l'annata sparminteghja a longa strada chì u chjama versu a santità. Dopu serà a ceremonia d'intrunizazione è a rimessa di a mantelletta, è cù tutti i so fratelli serà chjamatu à circà a vuluntà di Diu.

 

 

Cérémonie d'intronisation des novicesLe mot noviciat dérive du latin « novus ». Si le chrétien à son baptême est un « homme nouveau » (saint Paul : « vous avez revêtus l'homme nouveau »), il réaffirme une seconde fois cette nouveauté lorsqu'il décide de revêtir le Christ. C'est en ce sens et pour marquer symboliquement cet engagement que le novice recevra immédiatement « l'àbitu biancu è u cordone » (la chasuble blanche et le cordon).

 

Le novice est déjà désigné du nom de frère. Avec le Prieur, les autres « dignitarii » et l'ensemble de la confrérie, il va vivre par l'intériorité un temps d'approfondissement de l'expérience spirituelle.

 

L'année de noviciat qui dure une année complète à compter du jour où le postulant est accepté par le Prieur, constitue l'ébauche d'un long cheminement où le chrétien se rappelle sa vocation à la sainteté.

 

L'amorce de ce renouveau spirituel est marquée par la cérémonie d'intronisation. Elle se déroule sous l'autorité du Prieur après que celui-ci ai obtenu des « dignitarii » (Sottu-Priore, Precuratore, Massaru) l'approbation nécessaire à son déroulement.

 

Ce qui est demandé au novice (et plus largement à l'ensemble des confrères qui s'inscrivent ensemble dans la même quête) est annoncé par saint Paul dans l'Epître aux Romains:

 

« Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos corps comme hostie vivante, capable de plaire à Dieu; c'est le culte que la raison vous demande. Ne vous modelez pas sur ce monde, mais transformez-vous dans un renouveau spirituel, afin de pouvoir discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bien, ce qui peut lui plaire et ce qui est parfait ... »

 

 

 

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Les archives

 

  •  Noms et prénoms des hommes inscrits à la Compagnie, Pianellu, le 15 août 1905.

Noms et prénoms - 2 Noms et prénoms - 3 Noms et prénoms - 4

 

 

N.B. Tous les documents d'archive disponibles sur ce site sont propriétés de la Confrérie de la pieve di a Serra, déposés et également consultables aux Archives Départementales de Haute-Corse. 


 

 

 

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