Rome / U Santissimu Crucifissu

 

 

 


U Santissimu Crucifissu

 

 

Un pezzu di a so storia, a cunfraterna l'hà dinò da mare in là, in Roma, cità eterna. Dapoi u 16u seculu hè affigliulata à a cunfraterna matre, cum'è tante altre per stu mondu, chì cura è adora u Santissimu Crucifissu, miraculosu in tempi di pesta è d'incendii. Cusì oghje a ci pruvemu à tesse una lea ricca di scambii è di spartera da una sponda à l'altra di u Tirrenu.

 

Ce vocable renvoie à des liens très anciens entre la piève et Rome, puisque, selon le chroniqueur du 15ème siècle Giovanni della Grossa, c’est le comte Ugo Colonna, noble romain issu du quartier de la Colonna, qui après avoir reconquis la Corse en 816 à son autorité et celle de la Chrétienté, aurait fondé à Aleria l’église San Marcellu, en référence directe à l’église San Marcello de Rome, également située dans ce quartier de la Colonna.

 

 

San Marcello abrite également le Santissimo Crocefisso, un grand crucifix en bois noir et or vénéré depuis le 16ème siècle par l’ensemble des Romains à la suite d’évènements miraculeux, et est encore de nos jours le siège de l’Arciconfraternita del Santissimo Crocefisso, fondée à la même époque dans le but de son adoration et de sa sauvegarde, confrérie-mère d’un ensemble de confréries dans le monde chrétien qui lui sont agrégées par bulle papale et qui portent le même vocable.

En effet, un motu proprio de Pie IV dit en 1559 : « Arciconfraternitatem facimus... ut sit caput omnium societatum et confraternitatum sub sanctissimo nomine Crucifizi erectarum et eregendarium... ubique locorum sitae sint ... ». Ainsi l'Archiconfrérie revêt une fonction de guide et de représentation canonique auprès du Saint Siège de toutes les structures et associations qui, partout dans le monde et quelque soit l'époque, portent le nom du Santissimo Crocefisso.

 

Aujourd'hui, on en trouve surtout en Italie continentale, en Sardaigne, en Espagne, et en Corse. A Cunfraterna di u Santissimu Crucifissu di a pieve di a Serra est de celles-ci. Ce lien de filiation redécouvert a permis la reconstitution de liens avec nos confrères romains, régulièrement entretenus lors d’échanges à l’occasion de fêtes religieuses à Rome, notamment pour célébrer le Santissimo Crocefisso le 23 mai, et dans la piève.

 

 

  • Vous trouverez ici une étude réalisée par Jean Delumeau en 1951 et intitulée : « Une confrérie romaine au XVIe siècle : L'Arciconfraternita del Ssmo Crocefisso in S.Marcello ». Si le lien ne fonctionne pas, merci de cliquer ici (document pdf de 6,5 Mo).
     
  • Sg. Nicola Marchese, ex-président de l'Arciconfraternita del Santissimo Crocefisso évoque le miracle de la préservation du Santissimo Crocefisso lors de l'incendie de l'église San Marcello, évènement à l'origine de la très grande dévotion du Crucifix jusqu'à nos jours.

 

 



 

  • Padre Luciano, recteur de l'église San Marcello nous conte les grands actes de foi ayant eu lieu autour du Santissimo Crocefisso lors de la peste à Rome, et son action jugée miraculeuse pour la vaincre. Puis un confrère de l'Arciconfraternita del Santissimo Crocefisso di Sessa Aurunca (Italie du sud) nous parle des célébrations de la Semaine Sainte.






 


Ugo Colonna, a Moresca

« A Aleria, les habitants entendirent ce qui s'était passé à Mariana, et apprirent la bonne détermination de ceux qui s'étaient faits chrétiens. Craignant qu'avec le temps on ne fit d'eux des esclaves, ils se baptisèrent tous ensemble et édifièrent une église, qu'ils appelèrent Saint Marcel en l'honneur de Dieu et du Comte Ugo. Saint Marcel appartenait en effet à la lignée du Comte Ugo de la Colonna et une église lui était consacrée à Rome, l'église San Marcello, dans le quartier et près de la maison des Colonna. »
Chroniques médiévales corses de Giovanni della Grossa, p. 28.

 

 

  • En 2002, a Cunfraterna a participé à a Moresca di Corsica, spectacle en plein-air écrit par Jules Gistucci et mis en scène par Unità Teatrale - Jean-Pierre Lanfranchi, à u ponte d'Arena, Tallone.



 

  

 


Santa Messa in a Ghjurnata di e Cunfraterne è di a Pietà Pupulare

« Cari fratelli è surelle, site state curagiosi di vene cun sta piossa ... U Signore vi benedica tantu ! »

Quellu 5 di maghju di u 2013, piuvia chì ne falava in Piazza San Petru ! Cusì Papa Francescu accolse i cunfratelli venuti numerosi da l'Italia è da tutta l'Auropa per sente una messa celebrata apposta per elli. Bella sigura, ci eranu ancu quelli di Corsica è di a pieve di a Serra.

Noi, tutti quanti, simu cummossi da a testimunienza d'affettu data ci da u Papa Francescu è u so messagiu di cunfidenza è d'incuragimentu à prò di noi : « A Chjesa vi tene caru.»

Eccu ne a so prèdica sana sana.

 

Cité du Vatican, 5 mai 2013. Ce matin, sous une pluie insistante, le Pape François a présidé Place St.Pierre une messe pour les confraternités, venues majoritairement d'Italie et d'Europe en pèlerinage pour l'Année de la foi, qui avaient précédemment défilé Via della Conciliazione. S'adressant au Saint-Père, Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, a évoqué l'histoire de ces associations de fidèles, qui expriment auprès des pauvres, des malades et des marginaux la foi et la charité de l'Eglise :


« Chers frères et sœurs, a-t-il dit en ouverture de l'homélie, vous avez été courageux de venir malgré la pluie ! Le Seigneur vous bénit d’autant plus ! Sur le chemin de l’Année de la foi, je suis heureux de célébrer une messe spéciale pour les confraternités, une réalité traditionnelle dans l’Eglise qui a récemment connu un renouveau ». Lors de la dernière Cène, " Jésus confie aux Apôtres ses dernières pensées comme un testament spirituel, avant de les laisser. Le passage évangélique d’aujourd’hui insiste sur le fait que la foi chrétienne est toute centrée sur le rapport avec le Père, le Fils et l’Esprit ".


U diaconu Francescu Amatu Arrighi, di a cunfraterna Patre Albini di Vicu, serve à fianc'à u Papa Francescu

« Qui aime le Seigneur, Jésus l’accueille en lui, ainsi que le Père, et, grâce à l’Esprit Saint, accueille l’Evangile dans son cœur et dans sa vie. Là nous est indiqué le point d’où tout doit partir et où tout doit conduire : aimer Dieu, être disciples du Christ en vivant l’Evangile. En s’adressant à vous, Benoît XVI a utilisé l'expression Etre conforme à l’Evangile. La piété populaire, dont vos confraternités sont une importante manifestation, est un trésor que les évêques latino-américains ont défini comme une spiritualité, une mystique, un espace de rencontre avec Jésus Christ. Puisez toujours à la source inépuisable qu'est le Christ, renforcez votre foi, en ayant souci de la formation spirituelle, de la prière personnelle et communautaire, de la liturgie. Au fil des siècles, les confraternités ont été des foyers de sainteté pour beaucoup de personnes qui ont vécu avec simplicité une relation intense avec le Seigneur. Marchez avec résolution vers la sainteté. Ne vous contentez pas d’une vie chrétienne médiocre, mais que votre appartenance soit un stimulant, surtout pour vous, à aimer davantage Jésus-Christ ... Le passage des Actes des apôtres que nous avons entendu nous parle aussi de ce qui est essentiel. Dans l’Eglise naissante, il y eut tout de suite besoin de discerner ce qui était essentiel pour être chrétien, pour suivre le Christ, de ce qui ne l’était pas. Les apôtres tinrent à Jérusalem un premier concile pour traiter des problèmes nés de l'annonce évangélique aux païens, à qui n’étaient pas juifs. Ce fut une occasion providentielle pour mieux comprendre ce qui est essentiel, c’est à dire croire en Jésus mort et ressuscité pour nos péchés, et nous aimer comme il nous a aimés. Mais remarquez comment les difficultés furent surmontées, non au dehors, mais au sein de l’Eglise ».


« Il y a un second élément que je voudrais vous rappeler à la suite de Benoît XVI, l’ecclésialité. La piété populaire est une voie qui conduit à l’essentiel si elle est vécue dans l’Eglise en profonde communion avec les pasteurs. L’Eglise vous aime ! Soyez une présence active dans la communauté comme cellules vivantes, pierres vivantes. Les évêques latino-américains ont écrit que la piété populaire ... est une manière légitime de vivre la foi, une façon de se sentir partie prenante de l’Eglise. N’est-ce pas beau ! ... Aimez l’Eglise et laissez-vous guider par elle ! Dans les paroisses, dans les diocèses, soyez un vrai poumon de foi et de vie chrétienne, un air frais ... L’Eglise est riche de ses variétés et expressions qui reconduisent à l’unité. La diversité reconduit à l’unité et l’unité est la rencontre avec le Christ ».

Pui
Papa Francescu, u 5 di maghju di u 2013s le Pape a évoqué la troisième caractéristique des confraternités : « Etre missionnaire. Vous avez une mission spécifique et importante, celle de garder vivant le rapport entre la foi et les cultures des peuples auxquels vous appartenez, et vous le faites à travers la piété populaire. Quand vous portez en procession le crucifix avec tant de vénération et tant d’amour du Seigneur, vous ne faites pas un simple acte extérieur. Vous indiquez la centralité du mystère pascal du Seigneur, de sa Passion, Mort et Résurrection, qui nous a rachetés, et vous indiquez d’abord à vous-mêmes et à la communauté qu’il faut suivre le Christ sur le chemin concret de la vie pour qu’il nous transforme. De la même façon, quand vous manifestez une profonde dévotion envers la Vierge Marie, vous indiquez la plus haute réalisation de l’existence chrétienne ... Cette foi, qui naît de l’écoute de la Parole de Dieu, vous la manifestez suivant des formes qui engagent les sens, les sentiments, les symboles des différentes cultures ! Et en faisant ainsi, vous aidez à la transmettre au monde, et spécialement aux personnes simples, à celles que Jésus appelle les petits. Le fait de marcher ensemble vers les sanctuaires et de participer à d’autres manifestations de piété populaire, en amenant aussi les enfants ou en invitant d’autres personnes est en soi-même un geste évangélisateur ... Soyez, vous aussi, de vrais évangélisateurs ! Vos initiatives sont des ponts et des chemins pour mener au Christ, pour marcher avec lui. Soyez donc toujours attentifs à la charité. Chaque chrétien et chaque communauté est missionnaire dans la mesure où il porte et vit l’Evangile et témoigne de l’amour de Dieu envers tous, spécialement envers qui se trouve en difficulté. Soyez missionnaires de l’amour et de la tendresse de Dieu. Soyez missionnaires de la miséricorde de Dieu, qui toujours nous pardonne, toujours nous attend, nous aime totalement ... Etre conforme à l’Evangile, c'est l’ecclésialité et la missionnarité. Ces trois caractères, ne les oubliez pas. Etre conforme à l’Evangile, l’ecclésialité, être missionnaire. Demandons au Seigneur qu’il oriente toujours notre esprit et notre cœur vers Lui, comme pierres vivantes de l’Eglise, pour que chacune de nos activités, toute notre vie chrétienne soit un témoignage lumineux de sa miséricorde et de son amour. Et ainsi, nous marcherons vers le but de notre pèlerinage terrestre, vers ce sanctuaire tellement beau, la Jérusalem du Ciel ».


 

 



 


 



 

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